
Robert Teriitehau a marqué le windsurf français avec une trajectoire fulgurante, du lagon calédonien aux podiums mondiaux. Triple champion du monde indoor et septuple champion de France, il reste l’une des figures les plus spectaculaires qu’ait connues la discipline dans l’Hexagone et le Pacifique. Depuis son retrait progressif de la compétition, les informations sur son parcours se font plus rares, dispersées entre réseaux sociaux et forums de passionnés.
De la Nouvelle-Calédonie aux titres mondiaux : un parcours atypique en windsurf
L’histoire sportive de Robert Teriitehau ne suit pas le schéma classique des champions formés en club métropolitain. C’est en Nouvelle-Calédonie, poussé par son frère, qu’il découvre la compétition. Lors de sa première course, il termine avec un tour de retard sur le dernier concurrent. La vexation agit comme un déclencheur.
A découvrir également : Restez informé : les dernières actualités qui font bouger le monde aujourd'hui
Six mois plus tard, il décroche le titre de champion de Calédonie en planche à voile. Neuf mois après, il est champion de France. Et en un an et demi, il s’impose aux championnats du monde en Dufour Wing au Portugal, en 1983, dans des conditions musclées de 25 à 30 nœuds de vent.
Cette ascension, d’une rapidité peu commune, s’accompagne d’un épisode révélateur : absent du lycée pendant près de trois semaines pour participer aux compétitions, il est exclu de l’établissement à son retour.
Lire également : Des idées de loisirs créatifs et inspirants pour égayer votre quotidien
Pour ceux qui cherchent à comprendre que devient Robert Teriitehau aujourd’hui, cette anecdote dit beaucoup sur le personnage. Le windsurf n’était pas un loisir encadré, mais un choix de vie radical, assumé très tôt.

Reconversion dans le stand-up paddle : la marque Teriitehau
Après ses années de compétition en windsurf, Robert Teriitehau n’a pas coupé les liens avec l’océan. Il a orienté son expertise vers le stand-up paddle, en lançant sa propre ligne de planches commercialisée via le site teriitehau.fr.
La gamme reflète une logique de transmission plutôt que de simple commerce. On y trouve des modèles destinés aux débutants, conçus pour la stabilité, mais aussi des répliques des planches utilisées par Teriitehau lui-même sur des spots parmi les plus engagés de la planète, comme Jaws à Maui et Teahupoo à Tahiti. Des planches de SUP Race, utilisées en compétition, complètent le catalogue, ainsi que des modèles pensés pour les femmes.
Cette reconversion reste peu documentée par les médias sportifs traditionnels. Les résultats de recherche sur son nom renvoient majoritairement à ses exploits passés en windsurf, et très peu de sources couvrent son activité d’entrepreneur nautique.
Ce que la gamme SUP révèle du positionnement
Proposer des répliques de ses propres planches de gros surf en SUP n’est pas anodin. C’est un positionnement qui s’appuie sur la crédibilité du vécu, pas sur un budget marketing. Le choix de vendre des planches testées sur des vagues comme Teahupoo ancre la marque dans un registre technique et engagé, loin des produits d’entrée de gamme standardisés.
Robert Teriitehau et la vie publique en Polynésie
Un élément souvent oublié dans les portraits de sportifs reconvertis : l’implication locale. Selon des échanges publiés sur le forum Directwind en 2008, Robert Teriitehau occupait un poste d’adjoint au maire de la ville de Faa’a, à Tahiti. Cette information, relayée par l’administrateur du site, suggère un ancrage territorial fort après la période de compétition internationale.
Les données disponibles ne permettent pas de confirmer s’il occupe encore des fonctions politiques locales. En revanche, son rôle de figure patrimoniale du sport polynésien semble établi. Un documentaire diffusé par Nouvelle-Calédonie La 1ère (France Télévisions) a retracé sa carrière sous le titre « Itinéraires », le qualifiant d' »ambassadeur du monde de windsurf » et d' »enfant du Pacifique ».
Ce passage de champion international à personnalité locale illustre un schéma fréquent chez les sportifs issus des territoires d’outre-mer : un retour aux racines après des années passées entre l’Europe, Hawaï et les circuits de compétition.

Windsurf français : pourquoi Teriitehau reste une référence à part
Le surnom « le Terii(ble) », utilisé dans le documentaire calédonien, résume assez bien sa place dans l’imaginaire du windsurf francophone. Sa trajectoire ne ressemble à aucune autre pour plusieurs raisons concrètes :
- Une progression d’une rapidité sans équivalent documenté, du statut de débutant complet à celui de champion du monde en moins de deux ans
- Un ancrage géographique dans le Pacifique (Nouvelle-Calédonie, Tahiti, Hawaï) qui l’a tenu éloigné des circuits médiatiques métropolitains malgré ses titres
- Une reconversion cohérente dans le SUP, discipline héritière directe de la culture glisse, plutôt que dans le coaching ou le commentariat
- Un engagement politique local à Tahiti, rarement mentionné dans les portraits sportifs
Sa page Facebook officielle et son site personnel constituent aujourd’hui les principales sources d’information sur ses activités. Les médias spécialisés comme Planchemag lui ont consacré un portrait dans leur série « Que sont-ils devenus ? », le qualifiant d' »enfant terrible » doté d’un « esprit tahitien » et d’une « vie à 200 à l’heure ».
Un héritage sportif sans héritier médiatique clair
Le windsurf français a produit d’autres champions, mais aucun n’a cumulé triple titre mondial indoor et septuple titre national avec un profil aussi atypique. Le fait que Teriitehau soit originaire du Pacifique, loin des structures fédérales continentales, a sans doute limité sa visibilité médiatique par rapport à des athlètes basés en métropole.
Les retours terrain divergent sur ce point : certains passionnés sur les forums considèrent qu’il est l’un des windsurfeurs les plus sous-estimés de sa génération, tandis que d’autres estiment que son choix de vie nomade entre Tahiti, la Calédonie et Hawaï correspondait à une priorité donnée à la pratique plutôt qu’à la notoriété.
Robert Teriitehau n’a pas cherché à prolonger sa carrière par la médiatisation. Sa marque de stand-up paddle, ses apparitions documentaires ponctuelles et son ancrage polynésien dessinent le portrait d’un champion qui a préféré rester proche de l’eau plutôt que des caméras.