Tout savoir sur les fermetures des Galeries Lafayette en France : la liste des magasins concernés

Les Galeries Lafayette exploitent leur réseau français selon deux modèles distincts : des magasins gérés en propre par la maison mère et des points de vente franchisés, confiés à des groupes tiers. Cette distinction est au coeur des fermetures annoncées depuis 2024, puisque la quasi-totalité des magasins menacés relèvent du réseau franchisé, exploité par le groupe Hermione Retail via la Financière Immobilière Bordelaise (FIB).

Franchisés et magasins en propre : deux situations juridiques distinctes

Le réseau des Galeries Lafayette en province reposait largement sur un système de franchise. Les 26 magasins régionaux exploités par Hermione Retail fonctionnaient sous la marque Galeries Lafayette, mais leur gestion financière, leurs baux commerciaux et leur politique de recrutement dépendaient d’un opérateur indépendant.

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Quand cet opérateur rencontre des difficultés de trésorerie, c’est l’ensemble du réseau franchisé qui vacille, et non les magasins détenus par la maison mère. Les 19 magasins gérés en propre par le groupe Galeries Lafayette n’étaient pas visés par les premières annonces de fermeture, même si certains d’entre eux ont connu des ajustements depuis.

La distinction a une conséquence directe pour les salariés : dans un magasin franchisé, l’employeur juridique est le franchisé, pas la marque. Un plan social chez Hermione Retail ne déclenche aucune obligation de reclassement du côté de la maison mère. Pour approfondir les fermetures des Galeries Lafayette en France, la liste complète des points de vente touchés détaille cette répartition ville par ville.

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Intérieur des Galeries Lafayette avec la célèbre coupole en verre et les étages désertés lors d'une fermeture de magasin

Rejet du plan de redressement : ce que la décision de la cour d’appel de Bordeaux change

En juillet 2026, la cour d’appel de Bordeaux a confirmé le rejet du plan de redressement de la FIB. Cette décision relance l’incertitude sur l’avenir des 26 magasins de province liés à cette structure.

Un plan de redressement rejeté signifie que le tribunal considère que le projet de continuation présenté par le débiteur n’est pas viable. Deux issues restent alors possibles : la cession des actifs à un repreneur, ou la liquidation judiciaire pure et simple.

Pour les magasins encore ouverts sous ce périmètre, la situation reste suspendue aux décisions du tribunal de commerce. Tant qu’aucun repreneur n’est désigné et qu’aucune liquidation n’est prononcée, les salariés travaillent dans un cadre juridique précaire, sous administration judiciaire.

Procédure de sauvegarde et procédure de redressement

Ces deux procédures collectives sont souvent confondues. La sauvegarde intervient avant la cessation de paiements : l’entreprise anticipe ses difficultés. Le redressement, lui, suppose que l’entreprise ne peut plus honorer ses dettes exigibles avec sa trésorerie disponible.

Dans le cas de la FIB, c’est bien un redressement judiciaire qui a été ouvert, ce qui traduit une situation financière déjà dégradée au moment de la procédure. Le rejet du plan ferme la voie de la continuation sous la même direction, mais n’entraîne pas automatiquement la fermeture de tous les magasins.

Galeries Lafayette fermées : que deviennent les surfaces commerciales libérées

La fermeture d’un grand magasin en centre-ville ne laisse pas simplement un local vide. Ces emplacements représentent des surfaces considérables, souvent réparties sur plusieurs niveaux, situées dans des zones à forte visibilité commerciale.

La reconversion de ces surfaces dépend de plusieurs facteurs :

  • Le propriétaire du bâtiment (foncière, municipalité, investisseur privé) détermine les conditions du bail futur et le type d’activité accepté.
  • La configuration du local, souvent pensée pour un grand magasin avec escalators et plateaux ouverts, rend le redécoupage en plusieurs boutiques coûteux.
  • La réglementation d’urbanisme et les autorisations d’exploitation commerciale (CDAC) encadrent l’installation de nouvelles enseignes au-delà d’un certain seuil de surface.

Le cas de Rosny 2, en Seine-Saint-Denis, illustre une tendance : les anciennes Galeries Lafayette du centre commercial pourraient être transformées en espace de loisirs. Ce type de reconversion reflète un basculement du commerce physique vers des usages mixtes (loisirs, restauration, services).

Une femme lisant un avis de fermeture affiché sur la vitrine d'un magasin Galeries Lafayette avec les rideaux métalliques baissés

Repreneurs potentiels et segments qui résistent

Les enseignes capables d’absorber ces surfaces ne sont pas légion. Le marché des commerces reste contrasté : la mode milieu de gamme et les emplacements secondaires souffrent le plus, tandis que la restauration, le discount, le luxe et les concepts omnicanaux premium affichent une meilleure résistance.

Un repreneur discount ou alimentaire peut difficilement s’installer dans un ancien grand magasin de centre-ville sans travaux lourds. Les foncières commerciales cherchent plutôt des opérateurs capables de maintenir un positionnement compatible avec l’image du quartier, ce qui réduit encore le vivier de candidats.

Emploi local et fermetures de magasins : les effets concrets sur les villes moyennes

Chaque fermeture de point de vente Galeries Lafayette supprime des postes directs (vendeurs, responsables de rayon, personnel d’entretien) mais aussi des emplois indirects liés à la fréquentation du magasin : commerçants voisins, prestataires de ménage, sociétés de sécurité.

Dans les villes moyennes, un grand magasin ferme et c’est tout un îlot commercial qui perd en attractivité. La vacance commerciale qui s’installe après la fermeture d’une locomotive d’enseigne peut durer plusieurs années, le temps qu’un projet de reconversion aboutisse.

Les collectivités locales disposent de leviers limités. Elles peuvent intervenir sur le foncier (préemption, portage temporaire), faciliter les autorisations d’urbanisme, ou soutenir financièrement l’installation de nouveaux commerces via des dispositifs type FISAC. Ces outils restent toutefois longs à activer face à l’urgence d’une fermeture.

Reclassement des salariés : un parcours complexe

Les salariés d’un franchisé en liquidation ne bénéficient pas du réseau de la maison mère pour leur reclassement. Ils dépendent du mandataire judiciaire et de Pôle emploi. Les compétences acquises dans la vente en grand magasin (conseil client, gestion de stock, merchandising) sont transférables, mais les offres disponibles dans les bassins d’emploi concernés ne compensent pas toujours le volume de postes supprimés.

Les fermetures actées et celles qui restent en suspens après la décision de la cour d’appel de Bordeaux dessinent une carte où les villes moyennes de province paient le prix le plus lourd. Le volet judiciaire de la FIB n’est pas clos, et chaque audience peut faire basculer le sort de magasins encore ouverts sous administration judiciaire.

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